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Dans mes péripéties biberons et bébé hurleur, j'ai trouvé une alliée de taille, Anouk, une super maman qui a connu aussi les problèmes de médecins inattentifs et qui ne s'est pas laissée démonter. Elle a pu me guider et me soutenir dans des moments très difficiles qu'on ne peut même pas soupçonner avant de les vivre. Un grand merci à elle et surtout, j'espère que son témoignage aidera beaucoup de mamans.

Anouk, 27 ans, maman de deux filles de 5 ans et 1/2 et mois.

1 – Qu'est-ce qui vous a fait penser que votre fille avait un problème?

Ma fille buvait avec difficulté ses biberons et hurlait, nous devions marcher en lui donnant et même là, elle ne buvait que de petites quantités.

2 – Comment avez-vous découvert qu'il s'agissait de RGO (Reflux gastro-œsophagien)?

C'est ma mère qui en a parlé à une tante qui travaillait en pédiatrie et qui m'a indiqué de faire faire une échographie de l'œsophage à ma fille.

3 – Pourriez-vous nous expliquer ce qu'est le RGO?

Il s'agit d'une pathologie très courante chez les bébés mais malheureusement mal connue car la plupart des généralistes et pédiatres vont mettre les pleurs sur le compte des coliques des premiers mois puis sur la poussée des dents. Comme si les douleurs des bébés se résumaient à ça!

On appelle reflux la remontée du contenu de l'estomac dans l'œsophage, soit le bébé le vomit - souvent en jet - soit le liquide redescend et fait le yoyo dans l'œsophage sans que cela ne se voit, il s'agit de reflux internes. Selon l'acidité des remontées, le bébé souffre plus ou moins, jusqu'à atteindre parfois dans le cas le plus extrême, une œsophagite, c'est-à-dire une inflammation de l'œsophage. Voilà pourquoi il faut agir rapidement et ne pas prendre cette pathologie à la légère.

4/ Quelle est la différence entre le RGO et les régurgitations?

Régurgitations et reflux sont totalement différents car le rgo fait souffrir tandis que les régurgitations non.

5/ Comment les médecins ont-t-ils réagi face aux symptômes de votre fille?

Mon médecin traitant me disait que c'était des coliques et me prescrivait les classiques Débridat, Calmosine et autres. Du coup, je suis allée demander un deuxième avis chez la pédiatre de mon mari quand il était enfant. Quand je lui ai expliqué que j'avais l'impression que ma fille avait tout le temps le nez pris avec comme des ronronnements au niveau des poumons et devait tousser pour se dégager, elle m'a ri au nez car à ce moment là les symptômes n'étaient pas présents, ce n'était pas du 24h sur 24. Je n'ai pas été prise au sérieux mais cataloguée comme une jeune maman de 21 ans super angoissée. Je suis ressortie avec cette explication: « Quand votre fille pleure, les larmes passent à l'arrière de la gorge ce qui donne le nez pris et le ronronnement » Quant aux biberons difficiles à boire, pour elle, il n'y avait pas d'inquiétude à avoir car elle prenait du poids.

Ces explications ne me convenaient pas car je sentais bien que ma fille souffrait. Je suis donc retournée chez mon généraliste en demandant cette fameuse écho suggérée par ma tante. C'est là que le verdict est tombé, ma fille souffrait de RGO! J'avais un nom sur ses nombreux symptômes: Nez et gorge pris, prise de biberons en hurlant, elle ne supportait pas d'être allongée à plat, elle tirait la langue, ravalait et ruminait plusieurs heures après les repas et réclamait souvent à téter pour soulager les brûlures de son œsophage.

Pour l'anecdote, j'ai tout de même ramené les résultats à la pédiatre qui m'a carrément incendiée en disant que c'était n'importe quoi d'être allé faire une échographie. Son égo en avait pris un coup et elle ne m'a jamais revue.

6/ Du coup, quel professionnel vous a enfin aidé?

Je suis allée voir une troisième personne, une pédiatre qui elle, sans que je lui dise ce qu'avait ma fille, a tout de suite trouvé le bon diagnostique. Elle m'a enfin donné un vrai lait contre l'RGO, non pas un simple lait épaissi ou anti-régurgitation et a surtout diversifié ma fille vers ses trois mois.

7/ Qu'est ce que cela a changé?

A partir de ce moment, c'est comme si j'avais eu un nouveau bébé. Elle prenait plaisir à manger, était plus souriante, avait le visage plus serein, bref, elle était enfin soulagée et moi aussi!

8/ Et pour votre deuxième fille, j'imagine que le parcours a été différent, quel fut-il?

Cette fois-ci, j'ai détecté son RGO dès la maternité même si le pédiatre de là-bas me rétorquait que c'était sa digestion qui se mettait en place. Contrairement à son ainée, elle buvait tous ses biberons mais n'en gardait que un sur deux, je lui ai acheté le même lait que pour ma première mais malheureusement, elle ne le digérait pas, j'en ai essayé une dizaine jusqu'à ce qu'elle atteigne ses 3 mois pour pouvoir la diversifier car je tenais à ne pas la gaver de médicaments tels que motilium, peridys, gaviscon ou polysilane et dans les cas d'acidité élevée Inexium, Azantac, Mopral... Personnellement, je préfère changer de lait jusqu'à trouver le bon puis passer aux carottes rapidement plutôt que de lui donner des médicaments mais chaque maman fait comme elle veut. Aujourd'hui, elle a 4 mois et depuis 1 mois qu'on est passé à la diversification, c'est devenu un bébé en or. La diversification ne résout pas toujours le problème car certains RGO sont coriaces mais le principal, c'est d'agir avant l'œsophagite qui entraine des mois de traitements.

9/ Les symptômes ne sont donc pas toujours les mêmes puisqu'elle n'avait pas de difficultés à boire ses biberons?

Non, les bébés n'ont pas tous les mêmes symptômes, certains ne font pas la relation douleur/alimentation donc ils boivent leurs biberons quand-même, certains vomissent, d'autres pas. Le RGO peut venir d'un clapet pas mature mais aussi d'une IPLV (Intolérance aux protéines de lait de vache) ou APLV (Allergie aux protéines de lait de vache)...

10/ Que souhaiteriez-vous dire aux mamans?

Suivez votre instinct! Si vous sentez que quelque chose gêne votre bout de chou, n'hésitez pas à tout faire pour vous faire entendre, quitte à changer de médecin ou de pédiatre plusieurs fois jusqu'à trouver une oreille attentive et qui ne vous dira pas simplement « C'est le temps que tout se mette en place, patientez. » Alors qu'un bébé n'est pas obligé de souffrir les trois premiers mois de sa vie. Et j'aimerais dire aux professionnels que les coliques, les dents et le soi-disant stress des mamans ne sont pas la réponse à tout.

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Tag(s) : #La parole aux autres
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